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Amsterdam une ville de bas...canal

S'il est une ville qui se distingue par son sens de l'oisiveté et de la tolérance, c'est Amsterdam.

Une ville avec une bonne centaines de réputations et d'images toutes faites,

Celle du canal où logent encore aujourd'hui par centaine des squatters indécis sur des péniches centenaires.

Celle du canal pour touristes que viennent charrier quelques bateaux-mouches à coups de florins sonnants et de guidages approximatifs.



La réputation de canal romantique où les flirts de quartiers viennent éponger leurs moiteurs pubères à la sortie des pubs.

Amsterdam, reine du pot où dans certains bars se positionne dans le service aux tables, entre deux cafés et une bière, une petite boîte emplie de tisanes à la marijuana et aux dégustations hallucinogènes de champignons non venimeux. Le home Gromn Faantasy, le Sensi Seeds Bank eet le Kadinsky sont des classiques du genre. Amsterdam, princesse du pétard, qui se fume aussi bien sur les niveaux de la Dam Platz, dans les buissons idylliques du Vondelpark que devant le guichet automatique de la très respectable banque de la reine.

Amsterdam dangereuse dans les heures de fermeture de la Gare centrale ou dans les ruelles extérieures qui encerclent la ville où traînent des rails de trams à faire planter toutes les bicyclettes de la ville.

Amsterdam vélo, une présentation de toutes les couches sociales, de tous les âges, de tous les sexes…

Amsterdam sexy du quartier rouge, où les femmes de toutes les couleurs, outrageusement fardées et fabuleusement galbées, attendent le client, allongées sur un divan, ou assises dans un fauteuil flamand, derrière une vitre . Comme une vitrine de Simmons qui aurait décidé pour le mois de la décoration de planter un décor rococo fardé de bébelles décadentes où surferaient des danseuses à 10 ou 20 florins.


Amsterdam du bordel le plus sophistiqué en Europe, le Yab Yum. Une sorte de Maxim's du sexe, de Casino de l'entre-cuisse, de Versailles de l'indécence, de Château Champlain de la jouissance. Ici, le sexe est un service de traiteur, et non de grande distribution. Le bar est fait d'onyx et de marbre, et les décorations attenantes oscillent entre de véritables statues grecques aux seins Olympiens et des paons en cuivre magnifiquement membrés qui se sont échappés de Thaïlande. Les serveurs mâles ont des plumes dans le short arrière et se dandinent le moulin comme dans un conte d'Andersen (qui était danois). On y boit que du Champagne (yab yum étant le bruit du bouchon quand il saute ou qu'il se fait sauter par un sabre), du très bon vin, du whisky de très haute tenue, ou pire du Porto trente ans d'âge. Quant aux chambres, elles respirent la rondeur, l'exubérance et les bains fantaisistes. Écrans géants pour se voir masser, et mini-écrans pour savoir ce qui se passe dans la chambre d'à côté. Notons enfin que les filles sont toutes diplômées d'études peu communes (ethnologie, anthropologie, sérigraphie, sémantique), doivent parler au minimum 3 ou 4 langues couramment et sont disponibles aussi bien dans la version homme à tout faire que dans la gamme couple à tout prendre. .Dernier détail qui a son importance, elles ne travaillent que deux soirs par semaine, pour éviter l'habitude, le surmenage et les heures supplémentaires. Au niveau des prix, nous donnerons l'indice suivant; pour une bouteille de champagne et un brin de causette au bar : 450$. Ce même club essaie en ce moment d'offrir ce service au- dessus de tout soupçon à l'aéroport de Schipphol.

Amsterdam homo qui distribue ses clubs le long des canaux ou sur des places finement architecturées à travers des spectacles de cabaret qui reprennent du french cancan à base de drag queens plus très jeunes ou dans les étages d'une discothèque excessive (The IT)qui reçoit régulièrement dans ses soirées thématiques (Fellini, Néron, Sodome, Mykonos) des personnalités comme JP Gauthier, le roi de la guenille, Grace Jones, la reine des nuits tous terrains et Elton John, le parolier princier. On nous a affirmé que Luc Plamandon est déjà passé, mais nous n'avons pu mettre la main sur aucun témoin oculaire digne de ce nom.

Autre dérive nocturne, le restaurant, qui à Amsterdam, n'est pas une garantie de bien manger. Les spécialités bataves se résumant surtout à des poissons marinés dans la mer du nord et à des mini-crêpes baptisées projferties que l'on prépare le dimanche pour les enfants sages. C 'est donc au niveau de la cuisine étrangère comme l'italienne, l'indienne ou l'indonésienne que l'on trouve les meilleures surprises buccales. Pour sourire en mangeant, il faudra aller du côté d'un restaurant pour enfants, géré par des enfants, préparé par des enfants et servis par des ados où se retrouver du côté du Supperclub, un restaurant qui est issu de l'imagination des élèves des Beaux-Arts. A moins de réserver à l'avance, il est impossible d'y pénétrer tellement le lieu est couru par tous les styles. On y mange allongé sur des divans avec des grands rideaux blancs qui se prélassent autour. La cuisinière, une rude hollandaise sans âge réchauffe au chalumeau les plats préparés par ses marmitons qui ont tous l'air sortis d'un film de Bergman. Les serveuses ont les attitudes d'Émanuelle (2), et des faciès à la Cindy Lauper. Bien sûr, le piercing est dans ce lieu un art de vivre et il est toujours impressionnant de se faire servir un canard en sauce par une « mini-jupée » excessive au crâne semi-rasé et pastel, qui s'est fait percer les genoux et l'arrière du cou. Le fond musical est assuré par un ou une DJ (nous ne l'avons jamais vraiment su) qui en avait fumé du bon, puisque la programmation était orientée sur du rap made in Rotterdam et plusieurs Edith Piaf.

Amsterdam de la mode avec des designers qui se servent de tous les ingrédients pour déstructurer le structurable d'un pantalon de marque Michelin (les pneux) ou de fabriquer une robe pour aveugles avec des dizaines de Mikkli épinglées dessus (lunettes). Ou de se retrouver au marché aux puces où une jeune femme, torse nu et cheveux longs d'un blond cendré fabrique sur mesure des collants avec thématiques à l'avenant; on peut choisir dans le caoutchouc soufflé sur le coton (flockage) des symboles comme Fin de siècle, Mort à Venise, la Guerre des Étoiles, le pénis du Ché ou Bain de sang dans le canal.

Amsterdam des places et placettes où l'on retrouve chaque soir les banlieusards écluser leur idéaux de leurs bières placides, le cellulaire à la main gauche et la copine à la main droite. On les retrouve groupés et affamés de nouvelles cultures du côté de Leidseplein et de Rembrandtsplein, On y trouve également la plus grande concentration de bars, discos et restos.

Amsterdam des entrepôts qui, comme les entreprises de la Ruhr en Allemagne se sont recyclés dans des bars branchés ou des chapelles du techno, comme à l'Endredock et au In Dubio. Et pour terminer et ne plus se rappeler ni son nom et son adresse, essayer les dégustations de genièvre et de bière au De Drie Fleschjes, lieu de perdition éthylique où la pratique de ce sport de gorge est appelé kopstoot ou plus simplement coup sur la tête…

Et dans Amsterdam qui continue à respirer, on croise un gentleman au bras de son vélo qui salue une punkette affalée de ses nuits précédentes. Une sorte de tolérance à aire ouverte…

Ah!! j'allais oublier. Il y a aussi de magnifiques musées consacrés à Rembrandt, Van Gogh, aux chats, au théatre et à Heineken…et le bas… canal.