Profitez de la garantie du plus bas prix disponible avec le meilleur service!
  • Print
  • Email

Amsterdam: Thérapie de croupes

Amsterdam est une ville célébrée par ses canaux, ses tulipes et ses peintres flamands. Mais c'est également une ville qui brille par sa tolérance envers toutes les nouvelles tendances. Le sexe et ses dérivés ont depuis longtemps leurs entrées réservées aux initiés et aux non initiés. Portrait d'une ville côté face et côté fesse.


Je me promenais sur une des rues piétonnes qui forment le centre commercial d'Amsterdam. On y croise aussi bien une ménagère excentrique récemment permanentée qu'une sage jeune femme percée de bas en haut. Il y a du gentleman financier aux bacchantes institutionnelles et du voleur de sacs à main aux vertus manuelles qui se croisent et qui, sans se dire vraiment bonjour, se respectent ou tout du moins se tolèrent. Il y aussi des vendeurs de fleurs, des vendeurs de pot, des renifleurs d'aubaines et des sondeurs.

Amsterdam regorge de sondeurs de ruelles; on vous pose des questions sur presque tout; sur la présence de Dieu dans votre assiette ou sur l'influence du vent dans votre quotidien en passant par l'importance du port du casque en bicyclette.


Celle qui m'a harponné était une délicieuse rousse en mini-jupe. Elle aurait pu vendre des crèmes glacées ou être une danseuse du ventre. Sa poitrine gélatineuse sortait légèrement de son corsage, mais avec réserve. Sa bouche laissait transparaître une certaine fatigue. Quand cette dernière s'ouvrit, c'était pour me demander si j'étais heureux de la taille de mon organe reproducteur! Un sondage sur mon sexe et ses dérivés! Sur mes manques, mes pratiques courantes, mes peurs, mes fantasmes, mes tabous, mes sollicitations, mes rêves nocturnes, mes activités manuelles, si j'étais droitier ou gaucher…!

Debout dans Amsterdam, à répondre à des questions psycho-cochonettes à une roussette souriante. Il y avait également près d'elle un sondeur du même institut qui faisait dans le Ricky Martin intello et qui s'adressait aux féminités de passage. Elle s'appelait Tania, il s'appelait Johann, tous deux étudiants en histoire de l'art. L'art d'exciter les passants honnêtes à travers des questions que même les amis n'osent pas poser.

Cette facilité à mettre le sexe à portée de la bouche au coin d'un rue, on le retrouve souvent à Amsterdam. Même si la ville a perdu de sa superbe depuis quelques années en matière de sexe, elle n'en reste pas moins un des centres névralgiques de la culbute tous azimuts.

Dans le quartier appelé depuis des lustres le Red Quarter, on se promène près des canaux et dans les rues transversales à travers une galerie de vitrines, qui, à défaut de meubles, d'appareils ménagers et autres manifestes de consommation, font dans la salle de montre érotique. On y expose des travailleuses du sexe à l'entrecuisse qui s'entrouvre à chaque regard masculin et à la découverte facile d'un sein généreusement galbé quand le regard signifie combien? Une sorte de galerie marchande sexuée en plein air. Une sorte de Père du Meuble égaré dans des bordels à ciel ouvert.

En évoquant les bordels, il faut absolument mentionner le plus célèbre et certainement le plus cher d'Amsterdam, le Yab Yum. Une sorte de Capitole du sexe, de Casino de l'entre-cuisse, de Spectrum de l'indécence, de Château Champlain de la jouissance. Ici, le sexe est offert comme un service de traiteur. Le bar est fait d'onyx et de marbre. Les décorations attenantes oscillent entre de véritables statues grecques aux seins Olympiques et des paons en cuivre magnifiquement membrés qui se sont échappés de Thaïlande après la première d'Émannuelle. Les serveurs mâles ont des plumes qui jaillaissent du string et se dandinent comme dans la version originale de la Cage aux Folles. On y boit que du Champagne (yab yum étant le bruit du bouchon quand il saute ou quand il se fait sauter par un sabre), du très bon vin, du whisky de très haute tenue, et du Porto hors d'âge. Quant aux chambres, elles respirent la rondeur, l'exubérance et les bains fantaisistes. Écrans géants pour se voir masser, et mini-écrans pour savoir ce qui se passe dans la chambre d'à côté. Notons enfin que les filles en service sont toutes diplômées d'études peu communes (ethnologie, anthropologie, sérigraphie, sémantique, énergie éolienne), doivent parler au minimum 3 ou 4 langues couramment et sont disponibles aussi bien dans l'épluchage individuel que dans la synergie de groupe. Les couples sont les bienvenus pour approfondir le mélange des genres. Dernier détail qui a son importance : les pros de ces nuits ne travaillent que deux soirs par semaine, pour éviter l'habitude, le surmenage et les heures supplémentaires. Au niveau des prix, je donnerai l'indice suivant; pour une bouteille de champagne et un brin de causette au bar : 450$. Pour plus longtemps et plus en profondeur, cela dépend des options; de 800 à 2000$ la fortune nocturne.


Amsterdam homo qui distribue ses clubs le long des canaux ou sur des places finement architecturées à travers des spectacles de cabaret qui reprennent les vieux standards immortalisés par Marlène Dietrich, Marylyn Monroe, Dalida ou Liza Minelli. Des drags queens de tous poils servent aussi bien de serveuses que de stars d'un soir. Dans la discothèque IT, on reçoit régulièrement dans des soirées thématiques des personnalités comme JP Gauthier, le roi de la guenille et du mannequin juvénile, Grace Jones, la reine des nuits à couleurs variables et Elton John, le passe-partout des royaumes où une princesse chavire. Ce sont également des soirées thématiques qui ont pour titre Fellini, Sodome, Néron, Casanova ou Peter Pan.

Pour aller dans la musique et le sexe, on se dirige vers l' Amsterdam des entrepôts qui se sont recyclés dans des bars branchés ou des chapelles du techno, comme à l'Endredock et au In Dubio. Et pour terminer et ne plus se rappeler ses préférences sexuelles, on peut essayer les dégustations de genièvre et de bière au De Drie Fleschjes, lieu de perdition éthylique où la pratique de ce sport buccal est appelé kopstoot ou plus simplement coup sur la tête…

Entre deux cafés, une bière, deux caresses et une gourmandise, on peut également se pencher sur une petite boîte emplie de tisanes à la marijuana et aux dégustations hallucinogènes de champignons non venimeux. Le Home Gromn Faantasy, le Sensi Seeds Bank eet le Kadinsky sont des classiques du genre.

La tendance est d'ailleurs aux bars à pot à l'aveugle. Vers les 11h du soir, on bande les yeux de certains clients et on leur demande manuellement de reconnaître le callipyge de leurs serveurs ou serveuses respectifs. Cela s'appelle également de la thérapie de croupe.